Hystérie et prénoms
Il n'y pas la place ici pour s'acheminer vers une tentative de définition
de l'hystérie, nous parlerons seulement de composantes hystériques
plus ou moins prononcées chez certaines personnes. Je voue un
intérêt assez particulier aux comportements de type
hystérique. Mon observation m'amène à penser que
l'hystérique possède un message codé d'une force et
d'une portée extraordinaire. A commencer par cette capacité
de manipulation hors du commun, l'hystérique est celui qui trompe,
cette capacité d'adaptation à l'autre est prodigieuse,
instinctivement il se met sur le même mode de fonctionnement et sans
réellement se rendre compte de ses «pouvoirs» va user et
abuser de l'autre. Le charme est un facteur commun à tous ceux que
j'ai déjà pu rencontrer, un incroyable pouvoir de séduction
suivi de l'émission d'une plainte égale aux sirènes
qui attirait les marins, car telle est la démarche de l'hystérique,
piéger dans ses filets, utiliser aux dépens puis «laisser
mourir». Il cherche l'Amour, avec un grand A, l'homme ou la femme
censé prouver qu'il / elle existe. En extrapolant on pourrait même
imaginer que l'hystérique possède un scan permettant de lire
les pensées plus exactement les pulsions inconscientes de qui il
côtoie.
Il est difficile de le détecter au premier abord, je me suis même
demandé s'il n'y avait que les hystériques qui pouvaient se
reconnaître entre eux, comme dans les relations animales où
l'on délimite son propre territoire, une «chasse gardée»
exclusive que l'on protège. On est loin de ces scènes de Breuer,
ces fameuses crises d'hystérie, ces ex-sorcières que l'on
brûlait sur le bûcher. A chaque siècle son hystérique,
aujourd'hui il tend à être moins extériorisant, plus
discret et peut être plus nombreux par voie de conséquence.
L'idée que se fait la société en général
sur l'hystérie a cela de gênant qu'elle assimile le comportement
à celui d'un grand malade mental. On ne peut ici parler d'hystérie
sans que le lecteur ne se renvoit au langage populaire, la crise de nerfs
est souvent considéré comme une crise d'hystérie. La
mauvaise utilisation du vocabulaire français, où la volonté
d'amplifier un événement arrivant, fausse la perception de
ce qui est réel.
L'hystérique est celui qui permet à la psychanalyse d'avancer,
parce qu'il pose sans cesse de nouvelles questions, hors des relations
comportementalistes. Justement la psychologie comportementaliste consiste
à nommer un symptôme et lui trouver un traitement. Ces derniers
tendent à nier l'identité propre de chacun, il a été
fait un catalogue de normalité et d'anormalité avec les
remèdes pour passer de l'un à l'autre. Très en vogue
aux Etats-Unis, encore là, l'être humain est un symptôme
et un seul.
L'hystérique, dernier rempart contre une société
socialisée, normalisée, figée ?
Il y a bien des prénoms parmi d'autres, dont les enfants auront de
fortes prédispositions à l'hystérie. L'explication m'en
est très difficile et très délicate. Par le biais
d'observations et de recoupements, difficile de rencontrer tous les porteurs
de ces prénoms en France pour vérifier qu'ils possèdent
bien toutes ces composantes. Il m'est donc impossible de dresser une liste
sans heurter mais cela fera l'objet d'un prochain ouvrage.