«Jusqu'où s'arrêteront-ils
?»
N'oublions pas qu'un prénom est donné pour la vie, qu'il faudra
autant le porter que tout le reste, le choix n'est pas sans conséquences,
je le rappelle. Il a tant d'importance que de nombreux commerces se sont
développés autour du prénom. Entre les bijoux à
son prénom, les livres sur l'historique des prénoms, aujourd'hui
nous avons le droit à de «nouvelles sciences» ! En effet,
on peut, soi-disant, à partir d'un prénom déterminer
le caractère de l'enfant, son avenir professionnel... Les Paul seront
valeureux, les Adélaïde sensibles etc. En rajoutant même
un soupçon de numérologie, ca y est tout est écrit,
programmé d'avance. Ce qui nous ramène à cette
généralisation, et si tel prénom est le prolongement
de tel problématique chez le ou les parents ? Il n'y a pas de hasard,
si commerce est fait de l'utilisation du prénom, c'est qu'il y a une
demande existante ou que l'on a réussi à la créer. Il
y a toujours une motivation inconsciente, une réalité cachée,
même si elle prend sens dans la réalité par une exploitation
tronquée, erronée à seules fins financières et
détournées. Tous les Paul ne sont peut être pas valeureux,
raisonnement trop simpliste et généraliste mais nos Claude,
Camille et Dominique ne pourraient-ils pas être le fruit de parents
en manque d'identité ? En tous cas nos prénoms
Périphérique, Vécé, Twingo sont sans aucun doute
le fruit de la bêtise humaine qui trouve leurs sources dans l'expression
d'un mal être. Si la loi a changé, c'est qu'elle avait besoin
de l'être. Si les parents aujourd'hui se tournent vers des prénoms
à consonances étrangères ou s'ils éprouvent le
besoin de créer eux-même le prénom de leur enfant à
naître c'est que la façon de nommer et les raisons de nommer
ont changées. Je ne sais pas si le terme «évoluer»
pourrait convenir dans un tel cas.
Il y a plusieurs milliers d'années, on nous parle de Jacob, Abraham,
Moïse. Il y a deux mille ans de Jésus mais Christ n'est pas son
nom. Ce n'est qu'à partir du Moyen-Age, nous avons vu pourquoi et
comment, le prénom et le nom se généralisent. Mais le
choix n'est pas si grand et se limite bien souvent au calendrier des saints.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il m'arrive aussi fréquemment
de parler de la religion. Que l'on soit croyant ou non, la religion catholique
est le fondement de notre société, elle n'est plus omnipotente
mais omniprésente. Que ce soit dans les prénoms où pendant
longtemps seuls les prénoms des saints étaient autorisées
mais dans les chiffres que nous utilisons tous les jours. On parle alors
de symbolique du nombre (rien à voir avec la numérologie).
Le sept par exemple est la réalisation de soi : les sept merveilles
du monde, les sept jours de la semaine ou plus récemment les sept
mercenaires. Le trois est l'enfant : papa-maman et moi, la trinité,
Le père, le fils et l'esprit sain. Le douze est la trahison : Judas
était le douzième apôtre, celui qui vendit le Christ.
Le treize n'est pas un chiffre porte-malheur mais celui de la Résurrection.
Jésus étant le treizième, mort puis ressuscité.
Même si les médias ont évolué, longtemps à
la télévision le dimanche matin il n'y avait que la messe
dominicale de diffusée. A l'école encore aujourd'hui, école
qui se dit laïque, refuse le port du voile islamique alors que les
chaînes et croix sont encore arborées.