Ce que l'on ne nomme pas

Ce que l'on ne nomme pas

 


Au fil des pages, ce besoin de nommer, prénommer, s'est fait sans cesse grandissant. De notre «haspric» à Jean, nous avons nommé, été nommé, nous avons représenté tout ce que nous avons nommé, sauf... et comme un anneau de moebius, le paradoxe nous ramène à la religion.

Dans les religions monothéiste, Dieu ne doit pas être représenté. Lorsque Moïse ramène les tables de la Loi, il demande à son peuple de cesser l'idôlatrerie, d'abandonner le veau d'or et les divinités pour un seul et même Dieu à qui on n'érigera pas de statues. Les textes insistent sur ce point là jusqu'à l'interdiction formelle. Qu'est ce qui pousse une religion a n'avoir pas le droit de représenter son créateur ? Dieu, dans la religion, a fait l'homme à son image, mais il est le Tout-puissant. Si l'homme le représentait, il aurait image humaine, image sortie de l'entendement humain. Il perdrait de fait de sa dimension divine. C'est parce qu'il n'est pas représenté qu'il perdure.

 

 

 


Regardons toutes les autres croyances, grecques, romaines, elles ont été supplantées par ce que l'on ne peut représenter, gardant ainsi tout son aspect «mystérieux» et au-delà de l'être de chair. Le seul lien qu'il a été permis de faire, l'intermédiaire, fut son «fils», du dieu et de la femme. Dieu est toute chose nous dit-on et surtout ce qui n'est pas représentable, Dieu est infini et dans toutes les caractéristiques qui lui sont apportées ce terme revient à chaque énonciation, Dieu est infiniment bon, Dieu est infiniment amour, ... Rien qui puisse renvoyer l'entendement humain à une représentation quelconque.

 

 

 


Alors que dans le Bouddhisme, Bouddha est représenté, mais il n'est pas un dieu. Mais le Bouddhisme n'est pas une religion, il est une philosophie où toutes les choses et les êtres sont représentées soit tels qu'ils sont soit métaphoriquement.