Prénoms bisexuels

Bisexualisation de l'individu

 

 

Cette parenthèse refermée, attardons nous un peu plus sur les prénoms mixtes. Il en existe trois seulement : Claude, Dominique et Camille, dont l'orthographe ne change pas qu'il soit utilisé pour une fille ou pour un garçon. Je persiste à croire et le peu d'expérience visuelle avec des personnes portant ce prénom me le confirme, qu'obligatoirement en le prénommant ainsi, l'enfant s'achemine automatiquement sur un problème d'identité. Son prénom peut aussi bien être porté par le sexe opposé alors pour un garçon qui est-il, homme ou femme, les deux ou ni l'un ni l'autre et réciproquement pour une fille. Les parents dans leur choix ne peuvent passer outre la connaissance de cette bisexualité du prénom. Chez certaines personnes Camille évoquera une fille, chez d'autres Claude un garçon. Lorsque vous attendez Dominique X et qu'il s'agit dans votre tête d'une fille, la gêne provoquée intérieurement ne peut pas passer inaperçu consciemment ou non par l'intéressé. En soi il y a comme excuse qui passe liée à cette méprise, une petite voix en nous qui nous dit «excuse moi, je pensais que tu étais une fille mais tu es un garçon». Il va falloir alors recomposer, trouver un compromis en soi pour rétablir une communication saine. L'erreur de «sexe» est très frustrant chez l'être humain.

 

 

 


Quelle n'est pas votre réaction lorsque vous regardez à la télévision par exemple une très belle femme nue et que par un travelling progressif lorsqu'on se dirige vers le bas, vous vous apercevez que cette jolie blonde possède un pénis. Cette séquence issue d'une émission de Canal + (Nulle part ailleurs) a fait couler beaucoup d'encre. Non pas seulement pour la vision d'un sexe à la télévision, la plupart de nos «censeurs» (CSA et autres) sont des hommes, ils ont du être les premiers «trompés», ce qui a provoqué ce tollé. Chez l'homme les réactions peuvent être violentes, pas réellement vers «l'usurpateur» mais vers soi, s'être fait prendre, avoir trouvé une femme belle et s'apercevoir de sa méprise, qu'en réalité c'est d'un homme dont on a été attiré. Persuadé de son hétérosexualité, le dilemme se pose alors et le rejet se rapproche alors du dégoût jusqu'à «l'extermination» de ce genre d'ambiguïté. Il ne s'agit plus d'un homme, ni d'une femme mais des deux ensemble sans en être aucun.

 

 


Aux Etats-Unis un fait divers avait défrayé la chronique. Un homme a demandé annulation de son mariage et réparation en millions de dollars parce qu'en deux ans de vie commune, il ne s'était pas aperçu qu'il vivait en réalité avec un homme et qu'ils avaient tous les deux consommés celui-ci. La première réaction des gens à l'écoute de cette nouvelle a été : «mais comment a-t-il fait pour ne pas s'en apercevoir ?».

 

 

 


Il est vrai que les deux exemples précédents semblent caricaturaux en rapport aux trois prénoms mixtes mais à un moindre degré, c'est durant toute leur vie que Dominique devra porter et supporter cette ambiguïté dans sa relation avec les autres. Le premier effet, la première impression sur quelqu'un marque beaucoup plus qu'on ne le croit. A un garçon qui s'appelle Camille, le «tiens j'ai connu une Camille !» laisse des traces indéniablement.

 

 

 


Hormis ces trois prénoms, nous retrouvons les prénoms mixtes phonétiquement : Frédéric-Frédérique, Pascal-Pascale, Gabriel-Gabrielle, puis les prénoms qui se féminisent : Jean-Jeanne, Laurent-Laurence. Au départ ceux-ci sont masculins, ils ont été déclinés pour pouvoir être portés par des enfants du sexe féminin, le traumatisme lié à cette utilisation est plus «pervers». Il est arrivé, avant l'apparition de l'échographie que des parents, souhaitant un garçon et désirant le prénommer Frédéric, durent juste au moment de la naissance improviser. Bien souvent, ils ont féminisé le prénom, Frédérique. L'enfant porte en lui ce désir de sexe différent, et jusqu'à l'âge adulte oscillera sur une ambiguïté sans comprendre l'origine. Il suffit dans bien des cas de lui expliquer ce qui s'est passé pour que l'enfant retrouve un choix libre dans son identité sexuelle.